dimanche 19 avril 2009

Le bulletin paroissial

N°5

Nous aborderons les questions relatives au bulletin paroissial en deux temps. Tout d'abord, et ce sera l'objet de ce chapitre, nous proposerons des réflexions générales sur la mise en forme du bulletin, ses objectifs, ses enjeux. Dans le sixième chapitre, nous nous pencherons plus spécifiquement sur l'organisation des rubriques et sur les contenus éditoriaux.

Le bulletin paroissial est l'outil de communication privilégié des Eglises locales : sur les 49 Eglises de la région ouest, nous en avons recensé 37 qui en éditent un régulièrement. 
Ce support permet en effet de maintenir un lien objectif entre les membres de l'Eglise, par delà la présence aux cultes, aux manifestations et autres activités...
Le bulletin est inscrit dans les habitudes, depuis des années, depuis des décennies. Comme toutes les pratiques instituées, il ne fait souvent plus l'objet d'une approche critique : le bulletin existe, il remplit sa fonction... que demander de plus ? Des personnes s'investissent pour faire exister ce bulletin, il serait maladroit de leur demander de changer quoi que ce soit. Certes. Nous souhaitons proposer ici quelques éléments de réflexion pour renouveler le regard que chacun porte sur le bulletin paroissial.

1. Un outil de communication interne ?

- On distingue généralement deux dimensions dans la communication d'une institution : la communication interne et la communication externe. La première concerne les membres de l'institution, elle les maintient informés de la vie du groupe, des changements à venir, elle clarifie les objectifs communs, elle vise à rassembler et mobiliser chacun de ses membres.
La seconde entend donner une visibilité à l'action de l'institution, lui permettre de rayonner dans un espace élargi. 
Toutefois la frontière entre "interne" et "externe" n'est que théorique, elle est même trompeuse : tout ce qui est fait en interne, chaque énergie mobilisée au sein du groupe, a des répercussions à l'externe, et vice versa !
Un groupe divisé, atomisé, démobilisé ne pourra jamais donner durablement une image positive de lui-même. Le bulletin paroissial n'est pas seulement l'affaire du groupe (du comité de rédaction) qui le porte : il est un enjeu pour tous les membres de l'Eglise.  

- Si le bulletin est envoyé gratuitement à tous les membres de l'Eglise, il joue un rôle important d'animation. C'est aussi à partir de ce support que la mobilisation de chacun peut être renforcée.

- De plus en plus souvent, le bulletin est mis en ligne... il cesse dès lors d'être cantonné aux seuls membres de l'Eglise : il devient un élément de la mise en visibilité de la vie de l'Eglise. Ceci pose d'ailleurs des questions : a-t-il été conçu pour être publié largement sur la toile ? sa transposition papier/écran a-t-elle été pensée ? les contenus sont-ils adaptés à cette publication ? Cette question, d'ailleurs, se pose déjà avec l'envoi du bulletin aux pasteurs d'autres Eglises protestantes, au délégué à l'oecuménisme, à l'évêque, et aussi avec la mise à disposition d'exemplaires lors des portes ouvertes... Dans tous les cas demandez-vous si la diffusion d'informations "internes" est judicieuse et souhaitable.

2. Le pivot d'une stratégie

Le bulletin étant incontournable dans les projets portés par chaque Eglise, il peut être le point de départ pour une mise en forme homogénéisée des supports.
En effet, les documents réalisés (livret d'accueil, affichettes, documents divers d'information, etc) sont souvent conçus au coup par coup, par des personnes différentes et sans vision d'ensemble. Il est souhaitable de définir ce que l'on appelle "une charte graphique", ou pour le dire autrement, quelques règles stables qui donnent une identité visuelle cohérente à l'ensemble des documents : choix d'une typographie, choix d'un logo, éventuellement choix de couleurs, de principes de mise en page... Ces marques graphiques permettent ainsi, du premier coup d'oeil, d'identifier toutes les sources d'information qui proviennent de l'Eglise. 
Ceci n'est pas seulement une considération formelle ou esthétique : au contraire, cela montre qu'il y a une parole et un discours organisés, portés par l'Eglise. Il ne s'agit pas de donner l'impression que l'Eglise parle d'une seule voix (ce qui serait réducteur et artificiel) mais qu'il y a une vision d'ensemble, un authentique partage.
 
3. Quelques points de mise en forme :

- Pensez à organiser la première page à la façon d'une "UNE" de presse (surtout si le bulletin comporte un nombre important de pages). Vous y ferez figurer un titre principal, une annonce des différents sujets traités, si possible une illustration, éventuellement  un "édito" (du pasteur ou du "directeur" de publication)...
- Privilégiez une mise en page aérée et les colonnes qui renforcent la légèreté et la lisibilité. 
- Donnez un titre à tous les articles, insérez si possible des intertitres au fil de l'article
- Jouez sur les tailles de caractères pour hiérarchiser les informations
- Définissez un "chemin de fer" et un "rubriquage" stables (c'est-à-dire une organisation d'ensemble qui se retrouve de numéro en numéro) 
- Ne multipliez pas les polices de caractères (éventuellement une police pour le corps des textes et une seconde plus dense pour les titres)
- N'oubliez pas de numéroter les pages
- Le bandeau titre doit toujours être le même (bien sûr, si votre publication n'a pas de titre, pensez à en ajouter un !).
- La conception d'un logo nécessite une certaine expertise (les agences de communication la facturent au prix fort !) : peu de publications, parmi celles recensées,  comportent à proprement parler de logo (sauf quand c'est celui de l'ERF qui est repris), mais plutôt des illustrations (la croix huguenote est le choix le plus fréquent). Il est bon d'avoir une "signature graphique" commune à l'ensemble des documents. Si vous n'avez pas la possibilité de réaliser un logo spécifique, pensez alors à personnaliser l'illustration (colombe, croix, temple, etc.) en mentionnant le nom de l'Eglise.

4. Un projet éditorial

Il n'y a pas un modèle type de bulletin (et c'est tant mieux !), toutes les options sont envisageables. En revanche, une telle publication ne devrait pas être la simple juxtaposition de rubriques : un mot du pasteur, un calendrier des cultes et activités, un carnet mondain, la reproduction d'une prédication, etc. L'ensemble doit être sous-tendu par un projet, des objectifs clairement intégrés par l'équipe de rédaction : que voulons-nous faire de notre bulletin ? 
- Un espace d'information pour tous les membres de l'Eglise locale ?
- Un espace de partage ?
- Un support pour la pratique de la foi ?
- Un lieu d'information centré sur l'Eglise locale ?
- Un lieu d'information plus ouvert sur les dimensions consistoriales, régionales et nationales de l'Eglise Réformée ?
- Un contenu plutôt théologique et social ?
- Un contenu donnant aussi des informations sur la vie matérielle de l'Eglise ?
- Un support où sont données des informations brutes, factuelles ?
- Un support plus centré sur l'analyse et des textes de fond ?
- S'adresse-t-on à ceux qui ne fréquentent pas les lieux de la pratique religieuse et de sociabilité de l'Eglise ?
- S'adresse-t-on plutôt à ceux qui sont déjà présents dans la vie de l'Eglise ?

A ces questions peuvent s'en ajouter beaucoup d'autres...
Bien sûr ces orientations ne s'excluent pas mutuellement et un bulletin peut bien sûr suivre plusieurs objectifs. Il est légitime de souhaiter que sa publication soit tout cela à la fois. Légitime, oui. Faisable, sans doute pas... Il faut définir des priorités, les accepter comme un cadre, une ligne directrice, et en ne pas les perdre de vue.

Cela recoupe les questions, difficiles à poser, relatives au lectorat :
- le bulletin est-il gratuit ou payant ?
- est-il envoyé systématiquement à tous les foyers protestants répertoriés ?
- est-il envoyé aux seuls membres de l'association cultuelle ?
- est-il destiné à être accessible par un plus large public : envisagez-vous ainsi de faire un dépôt pour conservation dans une bibliothèque ou un centre de documentation accueillant du public (près de 600 bulletins paroissiaux sont déposé à la bibliothèque nationale) ? Dans ce cas, pensez à faire une demande de numérotation ISSN  à ISSN France pour que votre bulletin soit répertorié dans les catalogues.

5. Un contrat de lecture

Le bulletin paroissial, comme tout écrit long et composite, est un objet complexe et qui ne fournit pas en annexe son "mode d'emploi" !
Il ne s'agit pas ici de faire un cours d'écriture journalistique mais plus modestement de vous inciter à :
- penser à structurer de façon claire et pérenne votre publication
- toujours penser  au lecteur
- penser que les choix de couleurs, d'illustrations, de mise en page, de typo, que le style des titres, le nom de la publication, "disent" quelque chose du contenu. Ces éléments ne sont pas seulement un "contenant" sans importance : la mise en forme d'une publication doit être le reflet du contenu, du message... En regardant les publications dans un kiosque à journaux, j'identifie tout de suite si tel support relève de la presse "people", de la presse "jeune public", de la presse d'information, etc, etc. Les codes et choix visuels définissent ce que l'on appelle un "contrat de lecture" : avant de lire la publication je sais déjà à quoi m'attendre. Le bulletin paroissial est aussi un "genre" à part entière : essayez de transcrire visuellement ce que vous voulez faire ressentir aux lecteurs pour que le bulletin ressemble à ce que voulez qu'il soit !

A suivre...

lundi 2 mars 2009

Sur la toile

N°4

Il y a mille milliards de pages sur Internet !
14 300 000 résultats "google" pour la requête "protestant"... 
Une page de plus ? La vôtre... 
Est-ce bien utile ? Oui, oui, oui...

C'est un outil majeur pour la visibilité de nos Eglises, pour la communication externe et interne. C'est aussi un moyen de mieux nous connaître.
Dans la région ouest, 8 Eglises disposent d'un site indépendant actualisé et trente ont une page sur le site régional. Tous les liens vers ces sites sont sur erf-ouest.org : n'hésitez pas à les visiter, ceci permet d'avancer dans la connaissance réciproque de nos Eglises...

1. Avoir un site... 

Ce n'est pas une finalité en soi. Si pour vous il s'agit d'avoir un site pour avoir un site... laissez tomber. Cet outil est lourd à gérer, il faut que sa création soit motivée par une "stratégie", ou pour le dire autrement, un projet, un objectif... C'est un moyen efficace et peu coûteux de créer une visibilité, de toucher de nouvelles personnes, de renforcer des liens entre les membres d'une Eglise. Qu'en est-il pour vous ?

- premier scénario :

Il y a des compétences informatiques parmi les membres de votre paroisse...
Vous avez un site ou vous apprêtez à en créer un. Belle aventure... rendez-vous au point 2 de ce billet ! 
La maîtrise des logiciels de création de sites est complexe, pensez éventuellement à la création d'un blog : c'est un outil léger et simple d'utilisation. 

- deuxième scénario :

Il n'y a pas de personne mobilisable pour un projet Internet. Afin de ne pas être invisibles sur la toile, n'oubliez pas qu'il y a des relais prêts à donner des informations sur votre Eglise. C'est, bien sûr, en premier lieu le site régional de l'ERF.

Ne pas être référencé donne l'image d'une Eglise refermée sur elle-même, voire morte !!
Envoyez ces informations par mail, cela vous prendra quelques secondes ! Pensez ainsi à communiquer  : 

- le lieu et les horaires des cultes : pour les nouveaux arrivants ou les personnes de passage, c'est le moyen le plus simple, le plus rapide, le moins coûteux de leur donner accès à ces informations. L'annonce de l'Evangile au plus grand nombre emprunte aussi ces chemins triviaux... 

- le nom et les coordonnées (mail ou/et téléphone) du pasteur et du président du CP.

- une ou plusieurs photos  : elles donnent une identité directement perceptible à votre Eglise (privilégiez les photos à "visages humains". Les clichés de temples vides sont à éviter absolument). Pensez à demander l'autorisation aux personnes photographiées... 
En règle générale, avant la mise en ligne de tout contenu, assurez vous de l'accord des personnes concernées !

D'autres sites peuvent être intéressants comme
Celui-ci  apparaît en très bonne place lors des recherches sur "protestants", "temple de X ou Y"...
C'est une belle initiative de recensement des lieux de cultes protestants de France. Communiquer à ce site les informations actualisées assure une visibilité qu'il ne faut pas négliger.

- troisième scénario : 

Votre site existe mais il est en "friche"...Internet est aussi un grand cimetière de feuilles mortes... Le présent est le temps de l'Internet. Si vous n'avez pas le temps, les moyens humains ou techniques d'actualiser votre site, un seul conseil : détruisez-le !
Laisseriez-vous à l'accueil du temple des affiches ou tracts vieux d'un an ? Annonceriez vous à la fin du culte les événements du mois passé ? En laissant visible un site non actualisé, vous faites la même chose... en bien pire ! 
Il vaut mieux alors s'en tenir à une page "vitrine" (lieu, horaires, coordonnées) soit sur le site régional, soit sur un site indépendant. 

- quatrième scénario : 

Une agence de communication a créé votre site et vous a donné, clef en main, les indications pour l'alimenter... Euh... dans ce cas...

2. Simplicité, pérennité, accessibilité 

- Ne vous laissez pas griser par les potentialités technologico-ludiques de l'outil. Des boutons et des liens partout, 12 millions de couleurs, etc... donnent le tournis. Composez vos pages avec le souci de lisibilité comme guide.

- Assurez la pérennité : l'évolution du site et son actualisation doivent être simples pour que ce qui a été conçu par une personne à un moment donné puisse durer au-delà même de l'implication de cet initiateur.

- Votre site s'adresse potentiellement à des personnes aux attentes diverses. Ce média ne segmente pas ses audiences ! Essayez d'imaginer les attentes et besoins de différents profils d'internautes : des membres de l'Eglise ou  des personnes à la recherche d'une Eglise dans leur région, des protestants ou des personnes en recherche dans leur parcours de foi, des curieux... Faites en sorte que les informations pratiques soient très facilement accessibles. 

3. Le "projet éditorial" 

Pour que votre site existe en tant que tel, il faut créer et maintenir dans la durée son identité, son objectif, la relation aux personnes qui le consultent. Pour cela :

- Constituez une équipe (à la fois pour la création des contenus et pour la maintenance/actualisation proprement dite) un site reposant sur une personne, c'est lourd à gérer pour elle, et c'est fragile. 

- Choisissez un nom (et créez un domaine  sur un des nombreux sites comme rapidomaine.fr ; netissime.com) simple et clair.

- Choisissez les objectifs à partir desquels vous pourrez créer des contenus

- Définissez un "contrat de lecture" : comment vous adressez-vous à l'internaute ? Que peut-il s'attendre à lire dans vos pages ? Comment identifiez-vous les auteurs des lignes et des images qu'il lit et regarde ? Etes-vous informatifs ? Cherchez-vous à créer une proximité (qui peut passer par l'interactivité et la possibilité de laisser des commentaires) ? 
La réponse que vous donnerez à ces questions donnera aussi, dans une certaine mesure, une image de l'Eglise réelle qui est la vôtre.

- Déclinez dans l'arborescence les pages fixes et celles dont le contenu sera actualisé (choisissez aussi, si c'est possible, une périodicité). Soyez réalistes sur ce que vous pourrez effectivement assumer.

- Rédigez un texte introductif qui présente le site et surtout contient les mots clefs qui permettront le référencement de votre site. Si vous avez la possibilité de saisir des meta-tags, reprenez ces mêmes mots clefs, cela optimisera le référencement. "Eglise Réformée de ....", "Protestant", etc...

vendredi 6 février 2009

Sur les ondes

N°3

La radio : un moyen de communication passionnant... mais exigeant !

Avec ce troisième chapitre, nous abordons un autre média qui, s'il a comme les autres sa spécificité et ses contraintes, constitue en outre un véritable défi : il ne s'agit plus seulement d'envoyer une information à un journaliste, il faut faire vivre cette information, la porter à bout de voix ! Comme toujours, nous vous proposons des pistes, nourries d'expériences, qui pourront en retour nourrir votre propre aventure sur les ondes...

1. Panorama 

Angers-Cholet, Blois, Bourges, Brest-Quimper, Consistoire Charente-Maritime, Châteauroux, Lezay, Le Mans, Nantes, Orléans, Poitiers, Rennes, La Rochelle, Saint-Brieuc/Côte d'Armor, Vendée-Ouest...
C'est donc une  quinzaine des cinquante Eglises locales que compte la région Ouest de l'ERF qui assurent une émission radio, avec des fréquences, des durées et des thématiques diverses.
La plupart des Eglises ont leur propre créneau horaire sur RCF, le réseau des radios chrétiennes de France, d'autres  participent à d'autres radios locales chrétiennes ou protestantes.
La durée des émissions varie de 15 à 60 minutes hebdomadaires. Selon les radios, la même émission peut être diffusée deux ou plusieurs fois au cours de la semaine. Quelquefois, une Eglise participe à des interventions ponctuelles.
Le contenu des émissions varie également, allant d'émissions de type méditation à d'autres de type magazine. Ces dernières font connaître le protestantisme réformé à travers des sujets variés souvent en lien avec l'actualité.
Avant de vous lancer dans l'aventure radiophonique, ayez conscience qu'il s'agit d'une activité prenante... parfois même très prenante. 

2. La forme

Pour réussir ses émissions, il faut d'abord ECOUTER celles des autres pour former son oreille, sentir le tempo, le style. Pourquoi cette voix s'écoute-t-elle sans fatigue ? Pourquoi ce programme éveille-t-il mon attention ? A quel moment l'animateur change-t-il de sujet ? Comment relance-t-il une interview qui s'étire ? Comment fait-il aussi pour que je me sente concerné, impliqué ? Quel langage emploie-t-il ? Comment s'y prend-il pour mettre en relief des idées importantes ?

Avec cette oreille critique aux aguets, vous êtes en train de préparer votre voix, votre ton... 
Et puis... on apprend en faisant. Réécoutez votre émission, sollicitez le concours d'un professionnel de votre radio. La radio est un "test acide" elle vous réserve des surprises (pas forcément agréables) sur vous-mêmes... mais soyez autant indulgents qu'exigeants !

Pour réussir ses émissions, il faut aussi penser à quelques points clés :

- Le générique (ou jingle) : c'est la petite musique qui annonce votre émission, qui sert de signature et vous identifie auprès des habitués. Trouvez-en une joyeuse, entraînante, sans paroles et dont on ne se lassera pas au bout de deux émissions !

- Le sujet : c'est d'abord celui qui intéressera le grand public (évitez la cuisine interne !!) et qui mobilisera, le cas échéant, le bon invité...  

- Le registre : c'est un contenu qui s'efforce de rester concret, qui donne à "voir" ce dont vous parlez à travers des exemples, qui évite de trop parler des structures... Définissez l'objectif, l'idée forte que vous voulez faire passer auprès de ceux qui vous écoutent. Ne perdez jamais de vue cet objectif !

- L'amorce : c'est un début d'émission qui suscite la curiosité, qui accroche l'auditeur même s'il n'est à l'écoute que par hasard... Travaillez soigneusement cette accroche, elle met le sujet de votre émission à portée d'oreilles. 

- La couleur : votre voix caractérise votre émission, mais pour conserver l'attention de l'auditeur, pensez à varier les voix en invitant un intervenant, en faisant lire un texte par un tiers, etc.

- Le rythme : c'est d'abord celui de votre voix. C'est aussi la structure de l'émission (générique, introduction, développement-interview, conclusion, annonces...). C'est enfin la possibilité d'une pause musicale qui aérera votre émission. Pour cette pause, ne dépassez pas 3 minutes. Vous pouvez l'annoncer ou juste marquer un court silence après diffusion.

- La conclusion : réservez quelques minutes pour terminer par l'annonce d'une conférence ou d'un événement organisé par votre Eglise, votre consistoire. Allez à l'essentiel : quoi, où, quand ? En l'absence d'annonce, vous pouvez rappeler le lieu et l'horaire du culte ou le numéro de téléphone de l'Eglise (pasteur ou conseil presbytéral). Terminez par un joyeux "A bientôt" ou "Bonne semaine"...

3. Les auditeurs

Si vous perdez de vue (!!!) vos auditeurs, vous n'êtes plus en train de faire de la radio !

Alors : 

- N'oubliez pas que vos auditeurs ne sont souvent ni protestants, ni même chrétiens...

Vos sujets doivent être compréhensibles pour des non-initiés :
Evitez les sigles (FPF, ERF, CP...)
N'oubliez pas que plusieurs termes on-ne-peut-plus-évidents pour nous réformés (mais peut-être pas pour tous nos paroissiens !) ne sont pas connus des auditeurs.

NB : Ils peuvent même avoir une signification tout autre dans l'Eglise catholique romaine : un conseil presbytéral catholique est constitué de prêtres, un synode concerne la plupart du temps les évêques, plus rarement toute la population (catholique) d'un diocèse, les catéchumènes sont des adultes qui se préparent au baptême et non pas des jeunes qui se préparent à confirmer le leur...  Dans tous les cas, expliquez ces termes en quelques mots ou plus simplement : évitez-les !

- Associez l'auditeur à l'émission. Faites comme s'il se trouvait tout près. Ne donnez pas le sentiment de l'exclure d'une conversation, marquée par la connivence, avec votre invité (évitez le tutoiement).

- Présentez le(s) invité(s) et rappelez qui il(s) est (sont) au fil de l'émission. Vous incluez ainsi les auditeurs dès le début et aussi ceux qui ont pris l'émission en cours de route.

- N'hésitez pas à reformuler un propos complexe de votre invité, n'hésitez pas à employer un style imagé, à donner "à voir à travers les paroles"...


4. Le cadre radiophonique

Quelques contraintes techniques et de programmation qu'il vaut mieux intégrer avant de commencer :

- Le micro ouvert est une loupe pour l'oreille. Le pied tapant nerveusement, les papiers que l'on déplace, le clic du stylo, le raclement de gorge, la sonnerie du portable... tout s'entend. 

- Une émission forme une entité. Ne faites pas référence à une précédente émission (sauf en cas de série : dans ce cas, rappeler brièvement le thème).

- Retour vers le futur. Attention, si vous faites référence à des dates (demain, hier, la semaine prochaine, la semaine passée), vous risquez de tomber dans la science fiction. Un enregistrement peut se faire à l'avance ou être rediffusé : ce qui, aujourd'hui, est demain, après-demain sera hier !

- L'émission en réserve. Une "catastrophe" peut arriver : rien ne va plus ! L'animateur malade cloué au lit, l'intervenant en déplacement imprévu, un problème technique, plus aucune plage disponible pour l'enregistrement... Alors il est bon d'avoir une ou deux émissions en réserve sur un sujet neutre, sans référence à une actualité. Cette émission de réserve vous sauve la mise.

- La bande annonce. Certaines radios aiment disposer d'un bref enregistrement qui annonce le sujet de l'émission de la semaine (à respecter, bien sûr!). Une bonne publicité pour votre émission.

- Une équipe. Pour constituer une équipe radio, il est bon de regrouper plusieurs talents pour :
la préparation : mise en commun des suggestions pour les émissions à venir (dans le cadre défini par l'Eglise locale en lien avec la radio), établissement du planning pour les semaines/mois à venir.
la coordination : vérifier que tout enregistrement prévu dans le planning se fait bien, et que tous les rendez-vous pour les enregistrements sont pris.
l'animation : des personnes à la voix claire, distincte, au ton alerte, ayant un rythme et une tonalité radio-géniques...
la technique : en cas d'enregistrement hors studio.

- Le matériel. Pensez aux possibilités techniques qui permettent un enregistrement hors studio de qualité : micro-trottoir, rencontre lors d'un déplacement, rencontre consistoriale ou autre. Se renseigner auprès des techniciens de la radio afin de savoir s'ils disposent d'un matériel de prêt. Vous pouvez aussi penser à investir dans un matériel ecclésial compatible.

Et comme toujours... pas besoin de réinventer la lune ! Renseignez-vous auprès de vos collègues animateurs de radio du consistoire, de la région... Echanger, écouter ce que font les autres nous fait avancer !

mercredi 21 janvier 2009

Visibilité médiatique

N°2

Nous proposerons dans ce chapitre des pistes de réflexion sur la visibilité de nos Eglises dans l'espace médiatique.

1. Quels supports, quels médias  ?

Nous disposons tous de supports autoproduits qu'il faut utiliser pour valoriser nos actions. Le Bulletin paroissial, les annonces de fin de culte, le site Internet de l'Eglise, l'affichage et les tracts doivent être systématiquement exploités. C'est une évidence... qu'il convient de rappeler !
Nous reviendrons prochainement sur l'optimisation de ces canaux et supports.

Pour l'essentiel de nos activités, nous nous en tenons le plus souvent à ce premier réseau de diffusion. Chaque semaine, les annonces nous ouvrent sur l'activité de la paroisse, chaque mois, le Bulletin fait de même, etc.

Le recours aux médias (presse, radio et TV) dépend :

 - De l'importance de l'événement.
Qui songerait à mobiliser la télévision régionale pour un culte "ordinaire" du dimanche ?
Qui ne serait pas tenté, en revanche, de solliciter la presse pour l'érection d'une statue de Calvin ?

- Du paysage médiatique local.
Quels sont les titres de presse et quels sont leurs publics ? Idem pour les  médias audiovisuels...

- Des liens relationnels noués avec les professionnels de l'information.
C'est un travail patient, parfois sans résultat immédiat, qu'il faut savoir initier à l'occasion d'une manifestation importante ou susceptible d'éveiller l'intérêt des journalistes.

S'il n'y a pas de règle intangible concernant le "bon" moment auquel il convient de contacter les journalistes, il faut compter entre 10 et 15 jours avant parution pour un quotidien (avec relance téléphonique 3 jours avant) et compter deux numéros avant pour les autres périodiques.

2. Hiérarchisation des critères de visibilité.

Si l'on fait un recensement rapide des événements qui animent la vie d'une communauté et des vecteurs potentiels pour valoriser ces événements, on obtient ce tableau qui permet de poser de façon ambiguë la question de la visibilité de nos communautés.



Nous parlons d'ambiguïté, pourquoi ?
Nous sommes tous attachés à la pratique de la foi et à l'annonce de l'Evangile. Dans notre coeur, c'est à cela que nous accordons la première place... mais, du point de vue de notre capacité à occuper un espace médiatique, à exister dans cet espace, les événements culturels semblent bien primer sur le cultuel. 
Bien sûr, les articles et reportages sur la pratique de la foi, ses principes et ses acteurs, existent. C'est tant mieux ! Mais ils restent objectivement rares et isolés. Pour faire parler plus sûrement et plus souvent de "nous", de l'Eglise, il faut sans doute faire le détour par les activités, actions et manifestations que nous organisons... et ce constat doit aussi nous inciter à en organiser davantage !

3. Evénementialisation.

Il y a 10 ans, l'anniversaire de l'Edit de Nantes a permis de générer de très nombreux articles et aussi des reportages audiovisuels.

Exemple :
Entre mars et avril 1998, 11 événements ont eu lieu à Angers dans le cadre de cet anniversaire. 8 de ces événements ont été initiés ou organisés par l'Eglise réformée. Une préannonce de la commémoration est parue dès janvier 1997 dans un quotidien local, puis en janvier 1998.
La revue de presse réalisée à l'époque comptait une trentaine de publications. Le format de celles-ci allait de quelques lignes (pour une simple annonce d'événement, type expo), à des articles plus étoffés. On compte aussi plusieurs articles sur l'Eglise locale (alors en vacance pastorale).

A partir de cet exemple, nous pouvons mettre en lumière ce que nous appellerons le "processus d'événementialisation".

- L'ouverture : on obtient un article grâce à un événement marquant, dont la valeur d'information est forte pour le journaliste.

- L'effet de suite : un premier article génère la possibilité d'un second, d'un troisième... qui couvrent les suites de l'événement. Contrairement à l'idée commune selon laquelle les médias nous donnent les "nouvelles", dans l'espace médiatique on reparle toujours plus facilement de ce dont on a déjà parlé. Si un journaliste a déjà écrit un article sur l'anniversaire de l'Edit, alors sa rédaction sera plus encline à publier d'autres informations se rattachant à cet événement (expositions, conférences...).

- L'élargissement : dans la "fenêtre de tir" ouverte à l'occasion de l'événement, il est possible d'obtenir des articles sur des sujets connexes.
Les sujets liés au protestantisme sont entrés, pour un temps (celui de la commémoration), dans l'actualité. C'est alors qu'il faut concentrer ses efforts et savoir rebondir sur les opportunités de mise en visibilité.

Ce schéma, bien sûr simplificateur, rappelle que dans une large mesure, les médias organisent en triant et en hiérarchisant ce qui "devient" une information. Il faut trouver le biais pour participer à cette construction.

4. Une opportunité nommée "Calvin"...

Nous avons pris à dessein l'exemple de l'Edit de Nantes, car l'année qui s'ouvre, avec la commémoration de la naissance de Calvin, offre des opportunités voisines. Quelle que soit la proximité des uns et des autres avec Calvin, l'événementialisation potentielle autour du 500ème anniversaire doit être saisie par tous.

Les programmes des manifestations sont plus ou moins bouclés ? Les communiqués de presse prêts à être envoyés ? Les affiches, tracts, etc en chantier ? Les plaquettes d'information pour l'office du tourisme chez l'imprimeur ? Les annonces radio programmées ?

Presque, presque, presque, presque...

Alors quand les articles, reportages, etc, arriveront dans les pages des journaux et sur les ondes, à vos ciseaux, scanners, clés USB !
En effet, dans une démarche de communication, la collecte des retombées est précieuse. Conserver les articles parus (en mentionnant la date et le support), archiver les documents audiovisuels, permet :

- de mesurer les effets de nos démarches,
- de mieux comprendre les mécanismes par lesquels un communiqué devient un article,
- de capitaliser l'expérience. En effet, cette expérience doit être engrangée pour permettre à ceux qui s'investissent et qui s'investiront dans la mission communication de bénéficier du travail réalisé...